à la Rencontre de la Paroisse de Peporyakou (Bénin) et festivités du Jubilé de l'évangélisation de l'Atakora (Diocèse de Natitingou)

 

 

 

 

Vendredi 4 novembre 2011

Un groupe de 11 paroissiens de l’UP Auréliens Sainte Victoire va découvrir le Bénin

A l’aéroport de Marseille-Marignane un groupe encombré de gros bagages se forme autour de Claudine qui avec Jacques s’occupe de tout. 

Ils partent dans quelques instants vers Natitingou : Martine va prendre son baptême de l’air ; presque tous les autres vont découvrir l’Afrique noire, le Bénin, la brousse grâce au père Brice.

Ils ne se connaissent pas beaucoup et vont vivre 11 jours ensemble.

La découverte sera énorme et le groupe se formera  après des voyages à surprises, des rencontres uniques, des cérémonies d’une église catholique jeune, vivante, image de l’Evangile, acteur social essentiel de la vie dans ce pays attachant et démuni  par ses prêtres et ses communautés religieuses  dévouées dans tous les domaines. Philippe

 

Samedi 5 novembre 2011  Ouidah-Bohicon-Parakou

En route pour Ouidah. La sœur Cécile amie d’enfance du père Fabien nous accompagne. Etant arrivés la nuit précédente, nous découvrons Cotonou sous son grand jour avec ses nombreux commerces aux noms inspirés (Providence, Destinée, Miracle….)  et son défilé incessant de mobylettes transportant jusqu’à 5 membres de la famille !  Nous découvrons les routes peu praticables avec ses énormes trous formés par ces camions bien trop chargés. Nous arrivons à Ouidah, ville marquée par l’esclavage. Elle fut l’un des principaux centres de vente et d’embarquement d’esclaves.

Très belle messe du père Fabien face à la mer (très beau cadre), au pied de la Porte du Salut (mémorial du jubilé de 2000, hommage à l’arrivée des premiers missionnaires au Bénin). Arrêt au monument de la Porte de non retour, en mémoire de l’esclavage.

Nous traversons les villages, les enfants nous saluent, sourire aux lèvres, à notre passage.

Déjeuner rapide à Bohicon chez les sœurs franciscaines très accueillantes.

Arrivée en fin de soirée à Parakou au monastère de l’Etoile. Nous sommes gentiment accueillis par les moniales malgré l’heure tardive. Diner et extinction des feux. Jessy

Dimanche 6 novembre 2011

 

Qu’il est long le chemin qui nous entraîne au imprévu de Dieu !

Après deux jours de voyage, le  bien être du repos dominical à Parakou nous permet d’apprécier la quiétude des lieux. La vie des moniales, qui nous ont hébergés pour la nuit, se déroule au milieu de grands arbres (calebasses, acacias, papayers, manguiers…), de prairies occupées par des Zébus et rythmée par l’office des heures. Les paroissiens chatoyants sont venus pour la célébration de l’eucharistique dominicale, après le déjeuner, nous faisons quelques emplettes de cartes postales poétiques et autres confitures fabriquées par les sœurs. Nous devons continuer notre cheminement sur des routes en latérite déformées, pour rejoindre Natitingou à la tombée de la nuit. Michel.

 

Lundi 7 Novembre 2011  -visite de la paroisse du Père Fabien à Pehonko.

La journée commence dans l'effervescence : la couturière est là pour la confection de nos tenues béninoises, choix du tissu,  du modèle et prises de mesures. Difficile de convaincre tout le monde que pour les festivités, il nous faut céder à la coutume, mais une fois les choix posés, chacun est dans l'attente du résultat .

Ensuite en route (ou plutôt en piste) pour Pehonko ville de la paroisse du Père Fabien.

En chemin, halte aux chutes de Kota. Devant la beauté des lieux nous chantons un chant de louange au Créateur. Un jeune couple de médecins sans frontière en ballade dans le coin se joint à nous.

A la paroisse de Pehonko, nous sommes accueillis par le Père Blaise et les sœurs Togolaises. Après une courte visite des lieux -les sœurs accueillent et éduquent des jeunes filles en difficultées un festin à la béninoise nous attend : soupe pomme de terre légumes poulet pintade riz poisson pâte d'igname et de maïs accompagnées de sauces diverses et fruits.

Après le repas, le père Blaise  accompagne les plus courageux  pour un tour à pieds . Poussière et chaleur sont au rendez vous.  Mais une belle rencontre  nous attend.

Nous rendons visite au premier chrétien de la ville : papa Robert 81 ans. Nous envahissons son petit logis où un coin prière tient une belle place. Après quelques échanges, nous prions ensemble un Notre Père et nous nous quittons très émus par cette rencontre à la fois si simple et si belle : qui de vous a déjà prié avec le premier chrétien d'une ville ?

De retour à la paroisse, prêts à partir pour la visite de l'usine de coton, papa Robert arrive. Il s'est fait tout beau et dans la joie de notre visite nous invite à partager "une béninoise". Pas d'hésitation, nous bousculons nos plans et  ensemble passons un inoubliable moment dans le bistrot du coin. Chants de louange et danse de papa Robert au milieu des clients  et des passants un peu surpris mais bienveillants .

Difficile de se quitter mais il nous faut rentrer avant la nuit. Nous repartons pour Natitingou et nous laissons sur place Michel qui va installer de l'éclairage à énergie solaire dans l'église.

Merci aux Père Fabien et Père Blaise pour leur accueil ainsi qu'aux sœurs et à la paroissienne qui  ont œuvré  à la réussite de ce repas et de cette journée. 

 

Mardi 8 Novembre 2011

Nous arrivons à Péporiyakou, nous sommes accueillis  par le Père Didier et le Père Evaristus.

Le matin est consacré à la visite de tous petits villages comme Tempégré.

Les habitants ne sont pas encore chrétiens, ils nous accueillent  volontiers.

Après un succulent  déjeuner à la Béninoise,  pris sous une grande tonnelle, nous repartons  visiter des écoles de Péporiyakou.

Celle qui restera, je pense dans tous les cœurs, est l'école tenue par des Salésiennes ,qui accueillent , avec les autres enfants, des enfants sourds et muets.

 

Nous avons été émus par le travail extraordinaire que font ces  sœurs avec tellement peu de moyens.

Nous avons été reçus  de façon exceptionnelle par les enfants, qui ont chanté, dansé, dit des poésies. Ils  avaient envie de nous connaître.

La messe   dans l'église de Péporiyakou  a mis un point d'orgue à cette superbe  journée. Andrée

 

Mercredi 9 novembre 2011

Départ pour Matéri, paroisse où le Père Emmanuel que nous avons connu à Trets l’été dernier a été nommé vicaire depuis le mois de septembre. Nous savons qu’il a été assez gravement malade et nous sommes heureux de le revoir…même si la route puis la piste seront longue. Arrivés à Matéri nous avons le sentiment que nous nous sommes enfoncés davantage dans la brousse. Cette paroisse se révèle comme un lieu calme, beau et fleuri.

Nul doute que la présence d’une communauté de sœurs espagnoles y est pour quelque chose. Joie de retrouver le Père Emmanuel. Joie de pouvoir célébrer la Messe dans l’église. Nous visitons des écoles où chaque instituteur nous accueille avec bonne humeur. La rencontre avec la communauté des sœurs espagnoles est impressionnante : leur mission consiste à accueillir et donner un métier à des jeunes filles promises à des mariages arrangés dès l’âge de 8 ans… L’atelier cuisine a attiré toute notre attention ! La visite de l’internat l’après-midi par son dénuement mais aussi son dévouement nous touchera tous. Un repas extraordinaire nous a été réservé pour déjeuner.. Nous y avons fait la connaissance du Père Jérôme curé du Père Emmanuel. Les échanges seront signes d’enrichissement. C’est en s’arrachant qu’il nous faudra partir pour retourner à Natitingou à la nuit tombante. La soirée tranquille sera la bienvenue… Martine.

 

Jeudi 10 novembre 2011  - 1er jour des festivités

Naéssou ! (bonjour)

Dans un pays assoiffé, les semailles évangéliques entreprises et perpétuées depuis 1941 pour l’Atacora (région du nord du Bénin) ont conduit notre petite communauté, par des chemins de traverse, non goudronnés et remodelés à chaque instant  par  les passages incessants des nombreux  deux roues et autres véhicules,  au près de Notre Dame de l’Atacora.

Nayerka (merci) Prisca , Nestor, et tous les autres membres de la chorale pour le partage de la liturgie,  tour à tour, magnifiquement chantée en français ou  rythmée en waama, en présence de nombreux Evêques béninois et de notre Archevêque Christophe Dufour et de quelques prêtres de notre Diocèse d’Aix et d’Arles comme notre ancien curé le Père Vincent Pascal , le Père Gilles-Marie Lecomte, prêtre de l’Eglise du Saint Esprit à Aix, et de notre curé de l’U.  P. Sainte Victoire ...

A quelques mètres de là, Michel, ne se sentant pas très bien pendant la célébration eucharistique (intolérance  alimentaire), a été accueilli dans le nouvel hôpital de Natitingou, inaugurant, de fait, les premiers équipements en même temps que la Ministre de la santé et autres officiels.

Après le partage d’un buffet repas convivial à l’Archevêché de Natitingou avec la délégation diocésaine d’Aix en Provence et les autorités béninoises,  la  visite du  collège catholique  nouvellement installé sur 13 ha, nous invite à vous confier que l’internat manque cruellement d’équipements, et que des parrainages financiers pour la scolarisation des jeunes défavorisés de Natitingou seraient les bienvenus. 

En fonction du volume donné, une association caritative provençale peut se charger d’envoyer directement à l’Archevêché de Natitingou un container, les frais d’expédition étant répartis entre les heureux donateurs.

Nayerika amis béninois, que Dieu nous garde toujours frères en esprit, nous invite à  partager votre immense confiance en Jésus et nous suscite  une générosité sans égale. Bernadette

 

Vendredi 11 novembre 2011 Consécration de la Cathédrale

Cette journée nous réserve un des moments les plus importants de notre voyage mais aussi de notre vie de chrétiens : la consécration d'une cathédrale.

C'est tout un peuple, celui du diocèse de Natitingou qui est présent. Avec de nombreux amis venus de tout le Bénin mais aussi d'Italie, de France et de nombreux autres pays. La célébration est présidée par le Nonce Apostolique au Bénin. On se sent très à l'aise dans ce bel édifice. Il est immense et pourtant on ne se sent pas perdu. Des conférences seront proposées l'après-midi ainsi que des chants et des danses d'enfants (nous retrouvons les enfants de Peporyakou) avant un concert mémorable dans la cour de la cathédrale.

 

 

 

 

 

 

Samedi 12 novembre 2011. Ordinations

 

C'est un peu la fête des prêtres. Chacun est heureux de se retrouver. Monseigneur Dufour présidera cette Célébration inaugurant par là des liens très étroits avec son "diocèse jumeau". C'est impressionnant de voir vivre cette cathédrale plus remplie encore aujourd'hui qu'hier.  On mesure le bonheur de nos amis de Natitingou de pouvoir enfin avoir une Maison de Dieu qui rassemble et accueille. Tout le monde trouvera une place.

L'après-midi sera consacré à des visites à Peporyakou.

 

Dimanche 13 Novembre

En ce Dimanche nous allons sur Peporiyako assister à la messe . Le groupe se sépare en deux, une partie reste à Peporiyako avec le Père Evaristus, l’autre va à Tampegré, village de la paroisse, avec le Père Didier. Jessy, Michel, le Père Didier et moi-même partons en 4X4. Vingt minutes plus tard nous arrivons à l’église. Les paroissiens sont bien à l’heure. Ce sont principalement des enfants. L’église est quasiment pleine. La célébration commence et tout le monde chante au rythme du jumbé. Le Père Didier célèbre sa messe en français et tout est traduit au fur et à mesure dans la langue locale. C’est très émouvant de se dire que dans ce petit village si retranché, ces paroissiens reçoivent comme tout paroissien dans le monde, la même parole de Dieu. Je suis impressionné de la manière dont le Père Didier saura trouver les mots simples, justes et pertinents mais adaptés à son auditoire dans son homélie.

Ensuite nous nous dirigeons dans le village pour découvrir les fameuses maisons traditionnelles appelées Tata Somba. Nous rencontrons plusieurs familles. Chacune se fait un plaisir de nous inviter pour visiter sa maison et nous montrer comment elles sont construites. La plus ancienne a environ 70 ans. Mais petit à petit ces maisons s’écroulent. Ces constructions risquent de disparaitre car les bois qui servent de structure se raréfient compte tenu de la déforestation. Dorénavant ils construisent avec des matériaux modernes (parpaing, béton, acier).

Les familles vivent de leurs récoltes qu’elles stockent dans différents greniers. Avant le stockage ils les font sécher sur les toits des Tata Somba.

Elles font aussi un peu d’élevage mais mangent très peu de viande -environ une fois par mois.

Les femmes confectionnent des bracelets, des colliers et des balais en herbe séchée qu'elles vendent ensuite.

Notre visite s’achève et nous reprenons la route vers Peporiyako. Sur le chemin le Père Didier fait profiter de la benne arrière de son 4x4 à des enfants qui se dirigent à pied vers Natitingou.

A Peporyakou, le Père Brice célébrera la Messe avec le Père Fabien et le Père Evaristus. Le deuxième groupe resté là bas, rejoint par les familles des Sœurs du Monastère sera impressionné, une fois de plus, par la chorale des enfants. Une "mosaïque" de tissus confectionné à Tret par l'atelier couture de nos paroisses de l'Unité Pastorale sera offerte. Cette pièce de tissus veut symboliser nos liens de jumelage et présenter nos églises et nos traditions.

Nous nous retrouverons ensuite  tous ensemble sous l'Hapatam pour un repas traditionnel béninois préparé par les sœurs. 

 

Le soir nous assisterons à la bénédiction de l'église du monastère de Notre dame de l'Ecoute. Ce monastère est une fondation de l'abbaye Notre dame de fidélité de Jouques, située dans notre diocèse.  La journée n'est pas encore finie alors que la nuit est tombée...   Jacques

 

 

 

Lundi 14 novembre 2011. Le Retour

6h30 encore mal réveillés nous voilà tous dans le bus après avoir assisté au chargement de nos bagages sur le toit  Il faut partir, un long voyage nous attend pour arriver à Cotonou.

 

Le Père Fabien comme il l’a promis est là pour nous dire au revoir. Merci Fabien pour tout ce que tu as fait pour nous tout le long de notre voyage.

La route est longue, des trous, des bosses que Modeste évite adroitement mais qui chaque fois nous font poussés des grands Ola surtout pour ceux qui sont à l’arrière.

Un bruit bizarre venant de la roue arrière nous fait arrêter à une station service. Celle-ci est regonflée, vérifiée et nous reprenons notre route mais….. le bruit s’amplifie et il faut nous arrêter rapidement… L’endroit, non choisi, est aménagé pour nous accueillir, juste à côté d’une «vente d’essence», des chaises et des lits d’hôpitaux posés là, en attendant on ne sait quoi, nous servent de sièges. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne pourrons pas repartir. Les roulements à billes ont fini leur vie ! La solution est prise, il nous faut un taxi de brousse pour arriver à l’heure pour l’embarquement. Chacun y va de son commentaire. Et tout à coup, nous voyons le Père Brice, placé au bord de la route, parler avec une personne conduisant un 4x4, un prêtre revenant des célébrations de Natitingou s’est arrêtée et accepte de prendre trois personnes et voilà, trois d’entre-nous seront à Cotonou à l’heure… Les autres attendent le taxi qui arrive une petite heure après. Entassés mais heureux, nous finissons notre voyage. Juste le temps d’arrivée, de nous changer et nous voilà prêt à embarquer, il est 23 h….. Dominique