Du 23 au 29 octobre 2009 un groupe de 60 personnes de l'unité pastorale s'est rendu à Rome en pèlerinage. Vous trouverez ci-dessous un reportage de photos et un texte de Maurice Blondel, philosophe aixois, qui nous partage dans ces carnets intimes ce que provoqua en lui un pèlerinage à Rome au moment de rentrer chez lui.
20 mars. Mercredi soir. - …Il y a dans la vie humaine de telles inégalités que l’équation ne peut être rétablie qu’à l’infini.
Ce n’est jamais sans être ému qu’on quitte des lieux où l’on a senti votre présence, ô mon Dieu, par la joie et par l’épreuve qui vous manifestent également. Que dire sur cette ville sur laquelle votre Esprit se répand si particulièrement, et où, vous nous avez, par tant de conduites diverses, invités à vous connaître davantage, à mieux comprendre vos voies, à accepter vos desseins en contredisant les nôtres ? De tout ce qui a été conforme à votre volonté, nous vous bénissons. De tout ce qui a pu vous déplaire et vous offenser en nous, nous vous demandons pardon. Je vous offre ce départ, qui nous fait songer que nous n’avons point ici-bas de demeure permanente et que nous ne pouvons ni arrêter le mouvement du temps, ni recommencer le cours de notre vie ; je vous l’offre comme une mortification nouvelle, je vous demande de bénir cet avenir prochain, cet avenir inconnu où nous nous lançons sans rien prévoir, mais en sachant d’avance que partout où nous serons, vous serez, vous aussi, Père bon et miséricordieux. On ne vous quitte jamais. Et c’est la pensée qui doit nous donner le courage de quitter ces lieux, les habitudes, les heures qui passent, les goût qui changent, la vie qui meurt à chaque instant, de quitter tout. Oui, quittons Rome pour nous rapprocher encore un peu de vous…
Maurice Blondel . Carnets intimes Tome II, Cerf, p. 35,36