Noël des guirlandes et des feux d’artifices ou Noël de l’amour de Dieu pour nous ?
C’est Noël. La terre s’unira à la joie du ciel. Le gloria in excelsis deo déchirera la nuit de notre attente, dans nos églises, dans nos villes et nos campagnes. Dieu vient habiter chez nous…..
Ici au Bénin c’est aussi le temps des cadeaux, le temps de grandes festivités et des grandes réjouissances avec des repas bien arrosés de bière locale. C’est la période où les enfants portent fièrement de belles tenues vestimentaires aux couleurs vives, les femmes arborent des coiffures les plus extravagantes…Les marchands font de belles affaires. Le bruit des tam-tams et des chants se mêlent à la musique tonitruante diffusée çà et là par des hauts parleurs en délire. C’est aussi bien sûr Noël. …
Et si pour vous et moi Noël, cette année, pouvait ne pas être comme les autres noël. ! Si ce Noël pouvait ne pas être seulement Noël des guirlandes et des feux d’artifices, Noël des tenues d’apparat, Noël des repas plantureux, Noël des tonnes de cadeaux aussitôt jetés !
Si ce Noël pouvait devenir aussi et surtout Noël de la découverte du grand amour que Dieu a mais plus encore qu’il est pour nous ! Et si Noël nous faisait goûter un peu plus la joie de nous laisser définitivement sauver dans l’enfant de la crèche. ! Si Noël devenait l’occasion d’accueillir le Petit Jésus comme notre unique cadeau pour l’offrir en retour aux hommes nos frères !
Si de par le monde, nos mélodieux chants de Noël pouvaient faire taire les bruits mortels des armes de guerre ! Si Noël pouvait rimer avec fraternité, solidarité, amitié, entente, et pardon !
Et si chaque jour c’était Noël !!!.........
A tous à chacun je souhaite de tout cœur, bonne et heureuse fête de Noël.
Fabien SEDJAME
BP : 105 NATITINGOU
0022995454082 ou 00229 96019297
Bonne fête de la Toussaint
Comme je suis bien content de vous lire et d’avoir de vos nouvelles !!! Cela me replonge dans l’ambiance très conviviale que nous avions partagée cet été ensemble et qui me manque beaucoup…..
Comme vous l’aviez appris par les médias, mon pays a été frappé par de graves inondations. On note çà et là de graves dégâts matériels et même des pertes en vies humaines. De nombreuses maisons sont détruites et au total se sont de milliers de familles qui se sont retrouvées du jour au lendemain sans maison, sans toit. Des écoles et des places publiques leur servent désormais de gîtes et d’abri contre les intempéries. Plus de voies d’accès dans de nombreuses localités. On craint une famine générale pour bien de régions à cause de milliers d’hectares de cultures vivrières détruites et d’élevages domestiques emportés par les eaux en furie. C’est une vraie catastrophe. Mon ancienne paroisse, Cobly , a été beaucoup touchée . Ma paroisse actuelle, Pehounco, est relativement peu affectée. On note cependant que les pistes sont détruites et nous faisons de longs détours pour atteindre certaines localités. Dépassé par la situation, le gouvernement a été obligé de faire appel à l’aide internationale. Des vivres , des tentes , des médicaments etc collectés sont gratuitement distribués aux sinistrés sous la coordination nationale des services de la Caritas. Mais à dire vrai, malgré la mobilisation, tout ceci reste encore comme une goutte d’eau dans la mer, tant de misère reste encore à soulager. Le courage et détermination dont font preuve les populations affectées sont dignes d’éloge. Heureusement, ce ne sont pas que des pages noires que nous ne connaissons : tant et tant de choses font de nous un peuple d’espérance…
Père Fabien Sedjame
Un prêtre béninois à Châteauneuf : Une expérience forte
La paroisse de Châteauneuf le Rouge a eu le plaisir d’accueillir pendant 2 mois, dans le cadre d’un échange entre les diocèses de Natitingou et d’Aix en Provence, un jeune prêtre béninois, le Père Fabien.
C’est aussi dans ce cadre que Mgr Pascal N’Koué présidera la messe du 12 Septembre à Trets
Lors d’une rencontre, organisée à l’initiative de Philippe Lenoir, le Père Fabien a apporté un fort intéressant témoignage sur l’évolution de son pays et de l’Eglise dans ce pays.
Un pays pauvre, partagé entre de nombreuses ethnies, mais paisible
« Le Bénin est un petit pays (5 fois plus petit que la France), allongé, avec de fortes disparités entre le Nord et le sud, peuplé de 8,8 millions d’habitants. C’est un pays très pauvre, le Nord surtout, malgré la présence de nombreux minerais (phosphates, fer, or) et de pétrole off-shore dont l’exploitation a fait l’objet d’un contrat avec les américains. Le taux d’alphabétisation est très faible : il y a 75% d’analphabètes !
Le territoire est partagé entre de très nombreuses ethnies et l’on y parle plus de 10 langues et de 50 dialectes, qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. La seule langue commune est le français qui est la langue officielle du pays.
Mais ce partage du territoire entre de très nombreuses peuplades et clans, n’a jamais dégénéré en guerres tribales, sauf en 1984 où la conquête du pouvoir par a entraîné des affrontements sanglants. Les évêques béninois sont particulièrement vigilants sur ce point, ils ne cessent de rappeler dans leurs lettres que malgré nos différences il ne faut pas se laisser instrumentaliser par les assoiffés de pouvoir.
Si la colonisation a eu des effets souvent désastreux sur le pays, l’esclavage notamment ayant asséché le pays de ses forces vives, puisque ce sont les hommes en bonne santé qui étaient déportés – souvent avec la complicité d’acteurs locaux – et que ne sont restés au village que les femmes, les hommes âgés et les enfants, l’Eglise, elle a eu un rôle largement bénéfique. Grâce aux missionnaires qui ont beaucoup apporté, il n’y a jamais eu au Benin de haine contre le colonisateur. »
Pour voir la carte du Bénin et la localisation de Natitingou
L’apport bénéfique des missionnaires
« Le premier missionnaire a débarqué en 1851, sur la côte et a progressivement pénétré à l’intérieur du pays, avec beaucoup de courage, car les chemins n’étaient même pas tracés et il s’est enfoncé dans la forêt, parcourant 350 km à vélo, avec la peur d’être atttaqué, dévoré, de tomber malade... Il a été suivi de nouveaux arrivants 80 ans plus tard. Il s’agissait le plus souvent de jeunes prêtres qui voulaient apporter l’Evangile mais qui ont aussi joué un rôle considérable dans le développement du pays, faisant office de prêtres, d’enseignants, d’ambulanciers, de taxi , de banquiers…., créant écoles, dispensaires, centres sociaux.
Je peux en témoigner personnellement, car quand j’étais petit j’avais attrapé le scorbut alors que c’était la saison des pluies et que les routes étaient coupées. C’est un prêtre français, le Père Guillard, qui a construit des ponts avec l’aide des fidèles pour que je puisse être transporté jusqu’au centre de santé le plus proche
L’Eglise béninoise est donc une jeune Eglise, jeune parce que récente : le premier diocèse a été crée en 1964 et le premier évêque était français : Mgr Redoni de Nantes, mort à Arles après avoir démissionné au bout de 20 ans pour laisser la place au clergé local qu’il a eu soin de former. Mais jeune aussi parce l’âge moyen des prêtres est de 30 ans et le plus jeune évêque a été sacré à 37 ans. »
Une église jeune, soucieuse de développement
« Ces prêtres comme les missionnaires qui les ont précédé sont convaincus que l’Evangile ne peut être déconnecté de la vie : il faut des chapelles mais aussi des écoles et tous les grands responsables du Bénin sont issus des écoles missionnaires. Nous pensons que pour évangéliser il faut développer mais que ce développement doit être endogène. Il faut que nous nous prenions en charge et que nous recourions à nos propres ressources. Une des premières lettres notre évêque, Mgr N’Koué avait pour titre « Halte à la mendicité ! »
L’Hôpital de Cotonou est réputé ,il reçoit des médecins étrangers toute l’année qui viennent opérer et former leurs confrères africains et il y a 11 centres hospitaliers mais ce qui manque cruellement ce sont les centres de santé primaires, il y a encore énormément à faire pour développer cette médecine de proximité qui est indispensable.
Il y a 5 collèges et 13 écoles primaires, notre objectif est que, en 2015, chaque paroisse ait son école. Nous sommes aussi très soucieux de la promotion féminine : Les femmes font tout : alphabétisation, enseignement, éducation ménagère, hygiène, culture. Il faut améliorer les techniques agricoles et culturales car c’est encore une culture de subsistance avec des outils archaïques. »
Benin/Provence : beaucoup de différences mais c’est la même Eglise
« Moi-même formé dans une école missionnaire et issu d’une famille catholique, je suis prêtre depuis 1 an et demi. C’est la toute première fois que je quitte le Benin et ça a été une expérience fabuleuse.
Ici en Provence, ce qui m’a épaté c’est d’abord de dire la messe dans une Eglise du XIe siècle, cela me conforte dans l’idée de la solidité de l’Eglise.
Ce que j’ai aussi découvert c’est la place et la force du laïcat. Chez nous il y a des laïcs mais ce n’est pas structuré. L’Eglise c’est l’affaire du prêtre.
Rien ne m’a vraiment surpris, à part la couleur du vin de messe : chez nous il vient d’Italie et il est rouge, comme le sang !
Si, quand même, au début j’ai été interpellé : une fois à Puyloubier, à la messe, il y avait 3 laïcs pour 3 prêtres : j’ai failli pleurer ! La fois d’après, à Trets, il y avait beaucoup de monde et j’ai été soulagé ! En Afrique, les églises sont pleines et les cérémonies sont très rythmiques, il y a beaucoup de baptêmes…
Mais nous avons d’autres problèmes !
Il y a une forme de synchretisme qui reste vivace, l’animisme reste très présent avec l’idée, chez beaucoup, que la messe c’est pour « le blanc »
Il nous faut aussi nous battre contre la polygamie. Ici j’ai célébré 8 mariages en un mois, là-bas, 2 en 2 ans, à cause de la polygamie. On piétine pour trouver des solutions : on a inventé « la régularisation de situation patrimoniale » qui permet de célébrer le mariage avec une épouse, les autres acceptant de s’effacer… La pauvreté, le chômage endémiques ne sont pas favorables au mariage, de même que la mentalité nataliste : avoir beaucoup d’enfants est un gage de survie et de (relative) prospérité, aussi beaucoup font des enfants avant de se marier pour être sûrs qu’ils en auront.
Aure différence : Ici les parents viennent pour faire baptiser leur enfant, souvent sans aucune foi ou culture religieuse. Au débit j’avais du mal avec ça mais j’ai compris en discutant avec le Père Brice que l’Eglise devait accueillir tout le monde.
Parfois, chez nous, on fait tout le même jour : le baptême, la communion et le mariage !
Ainsi, il y a beaucoup de différence, mais c’est la même Eglise !
En tout cas, ça a été une expérience forte : au niveau de l’Eglise mais aussi des personnes, avec de belles rencontres, joyeuses et vivantes ! Le Père Brice a su bien s’entourer ! »
Vous voulez en savoir plus sur le Bénin ?
Vous êtes intéressés par le jumelage entre les diocèse de Natitingou et Aix en Provence ?
Lourdes, coin du ciel sur la terre
Du 19 au 23juilet le diocèse d'Aix et Arles s'est donné rendez- vous à Lourdes pour son pèlerinage annuel au pied de la Vierge Immaculée. L'insigne honneur m'a été fait de participer aux moments forts de cette rencontre hautement spirituelle placée sous le signe de la croix mais aussi sous le signe de l'universalité de l'Eglise.
Partis en cars de tous les horizons du diocèse, c'est dans une ambiance de piété exemplaire qu'avec tous les autres pèlerins nous avons débarqué à Lourdes. Lourdes avec ses hôtels luxeux , lourdes avec ses galeries et vitrines marchandes qui rappellent à si méprendre, les vendeurs du temple . Mais Lourdes c'est fort heureusement d'abord et surtout le sanctuaire. C'est là que quatre jours durant, j'ai vécu, l'une des plus bouleversante expérience spirituelle de ma vie.
A Lourdes, comme jadis Bernadette, j'ai redécouvert à nouveau frais, la densité spirituelle du simple signe de la croix. Puisse ce signe envelopper toute notre existence ,notre pèlerinage terrestre. Quel bonheur si notre dernier geste sur terre était de faire le signe de la croix comme Bernadette sut bien le faire juste avant son dernier soupir!
A Lourdes, que d'émotions indescriptibles au moment même où chaque pèlerin accomplit les trois gestes fondamentaux du pèlerinage : d'abord l'entrée dans la grotte pour toucher avec vénération le rocher, le même rocher sur lequel s'était plusieurs fois poser l'immaculée ; ensuite le passage aux fontaines ou aux piscines pour boire l'eau toujours même de la source miraculeuse ou s'y baigner; enfin, le soir, la procession aux flambeaux levés au chant de l'Ave Maria!
A lourdes, je n'ai plus eu besoin de cours donnés par d'éminents professeurs ou de lecture de gros livres pour
comprendre à sa juste valeur la théologie de l'universalité ou de la catholicité de notre Eglise. A Lourdes, en effet c'est tous les peuples de toute la terre qui se donnent rendez-vous pour prier le même et unique Dieu. A Lourdes , c'est tous les continents qui se rassemblent sous la protection de l'unique Mère , l'Immaculée. A lourdes j'ai vu les noirs côtoyer des blancs et se frotter aux jaunes sans que cela ne soit cause de remous racistes. A Lourdes j'ai concélébrer à la messe dite internationale à laquelle ont participé plus de 15 000 fidèles avec des chants joyeux fredonnés dans près de 7 différentes langues. A Lourdes j'ai vu la longue chaîne des malades mêlés à celle des valides implorer la même miséricorde intarissable de Dieu.
Lourdes pour moi est comme un coin de ciel sur la terre. O Lourdes que ma droite m'oublie si je perds ton souvenir.
Abbé Fabien Sedjamé
Tout l'été, de nombreux prêtres étrangers assurent des remplacements dans les paroisses françaises. C'est le cas du Père Fabien sur notre Unité Pastorale. Le Documents Episcopat « Fidei Donum en France. Un paysage nouveau» décrypte cette réalité et appelle à une meilleure réciprocité accueillants-accueillis... lire la suite
Rencontre avec le Père Fabien SEDJAME
Le Père Fabien est Béninois. Il a 33 ans et a été ordonné prêtre le 3 janvier 2009.
Le Père Fabien a passé 2 ans à la paroisse de Coby. Il est nommé vicaire, à partir du mois de septembre prochain, à la paroisse de Ouassa-Péhounco, au nord-ouest du Bénin, toujours dans le diocèse de Natitingou. Il sera plus particulièrement en charge de la chorale et de l’aumônerie.
Le Bénin compte à peu près 25 % de Chrétiens. La mission d’évangélisation est donc importante, surtout face à la montée des Evangélistes.
Il sera parmi nous durant deux mois, jusqu’au 30 août. Ses attentes ? Des rencontres, des échanges. S’imprégner d’une Eglise avec une foi ancienne, ancrée dans le passé. Il espère que la coopération d’Eglise à Eglise, via le jumelage lui permettra d’aider son diocèse et pourra servir à mieux fonder la jeune foi de l’Eglise africaine.
Il est très sensible à nos vieilles églises et chapelles. Quelle émotion d’entrer dans une chapelle du 11ème siècle, l’église de Natitingou n’a que 70 ans !
Il a été agréablement surpris par l’accueil des paroissiens de notre Unité Pastorale. Il a trouvé en eux des " cœurs d’Africains ", chaleureux, émouvants, ouverts. Il est enchanté par la chaleur des échanges, la spontanéité aussi ; notamment dans les préparations au mariage ou au baptême. C’est totalement différent de ce qu’il vit au Bénin.
Il espère avoir le temps de découvrir la richesse de la Provence, et de son patrimoine religieux.
Pour lui, l’important est de recevoir, d’apprendre pour préparer son futur ministère, mais aussi d’expliquer comment se pratique la foi en Afrique.
En une semaine, il a déjà rencontré beaucoup de personnes, toutes plus intéressantes les unes que les autres.
Cathou N'guyen