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Nuit blanche à Bethléeem
scénario et dessins: Birus (Fr Christophe) et Coolus (Fr jean Baptiste)
éditions des Béatitudes. 12, 70
 
Bd de 48 pages. Quand deux prêtres laissent libre cours à leur imagination cela donne ce genre de BD délirante sans perdre à un seul instant de vue l'annonce du salut pour aujourd'hui. Il ne s'agit pas ici de retranscrire l'Evangile, mais de nous donner l'occasion de nous interroger avec humour sur notre manière de vivre l'Evangile aujourd'hui. Au moment de Noël, profitons de cette occasion de sourire un peu...
 
Un blog pour aller plus loin : 

Jean Pierre DENIS. Pourquoi le Christianisme fait scandale ?
Seuil
 
A lire le monde dans lequel nous vivons, à le regarder, à tenter d’essayer de le comprendre, que reste-t-il à J. , jeune adolescente, pour être originale, pour se démarquer de ses parents, pour « être à la marge », que lui reste-t-il si ce n’est d’être catho ? « si tu  désires aller plus loin et plus fort dans l’inventivité sociétale…tu n’as pas le choix. Je suis forcé de le reconnaître. Si tu te reconnais pour obligation générationnelle de refuser les modes culturels des plus âgés, si tu as pour projet de contester l’ordre symbolique dominant, si tu cherches à inventer tes propres codes en rupture avec les conventions des vieux qui précèdent et qui, comme tu le dis, sont vraiment « gavant », il n’y a pas trente-six solutions. Tu m’as convaincue. Mets-toi à genoux et prie. Ou alors fais-toi brancardière à Lourdes avec les handicapés. C’est ton choix. C’est ta liberté » lui dit son  Tonton. Ce Prologue plante le décor : pendant plus de 300 pages nous allons être nous retrouver « cul par dessus tête ». Des pages qui font preuves d’une culture étonnante. Avec des formules qui font mouche, Jean-Pierre Denis passe au crible la société qui est la nôtre mettant en exergue ses contradictions, ses aberrations, ses impasses … Mais à force d’être étrillé on en vient à s’interroger, à se demander si cette voie sur laquelle on est embarquée est vraiment sans issue. Il doit bien exister un chemin, une espérance, un regard insoupçonné, passé inaperçu. Mais qui existe tout de même. Qu’il nous revient de trouver. Plus qu’un chemin ou un regard nouveau à poser pour reconnaître ce qui va bien, c’est un exercice qui nous est proposé. Celui avec lequel le christianisme marginalisé par la mode du moment devient le lieu des marginaux qui interrogent les temps d’aujourd’hui. Un Christianisme qui pose question. Un Christianisme qui retrouve sa vocation, celle d’être un aiguillon. Un christianisme qui retrouve sa liberté et permet au chrétien d’être un homme libre. Plus encore un homme capable d’échange, de dialogue, de commentaires, de découverte,  de vie. C’est dans la marge que l’on a toujours écrit les commentaires, c’est autour du texte que se construit le talmud du monde, l’interprétation du discours, et donc l’avenir du texte lui-même comme vie. (P. 180). Et d’ajouter quelques lignes plus bas : le christianisme peut revenir, revenir à la culture, et revenir de la sorte à lui-même, et rendre de la sorte la culture à elle-même.  C’est dans cette authenticité (enfin) retrouvée que s’ouvre alors une possibilité de sens avec des valeurs i peu à la mode : la gratuité,  le don de soi, la faiblesse… S’ouvre alors le portrait du chrétien : un rebelle soft, pas un idéologue. Un alternatif, pas un terroriste. Un citoyen critique, pas un ennemi de la république (p. 338).  Il sera celui qui sait interpeler mais aussi s’engager dans la vie de la cité.  Sinon, il prend le risque de perdre sa place enviable sur les lieux périphériques de la culture et d’être renvoyé aux vides de l’espace, au silence infini et effrayant des civilisations disparues. Un ouvrage passionnant. Un livre à lire absolument pour comprendre aujourd’hui et découvrir…la chance d’être chrétien. Avec un bémol cependant. Pourquoi être étonné de la nature du Christianisme, pour quoi envisager que l’Evangile puisse connaître un avenir menacé à la merci du comportement des Hommes? L’avenir du Christianisme est le Christ ressuscité…et il a traversé, victorieux, les portes de la mort et des enfers. C’est d’ailleurs là qu’il nourrit sa force étonnante, la justesse de ses remises en questions. C'est bien pour cela qu'il fait scandale...
Père Brice de Roux
 

 
Le Philosophe nu, Alexandre Jollien, seuil, Paris, 2010
 
Un livre qui fait du bien au cœur
 
Voici ce que l’on pourrait dire de ce journal quasi intime livré au lecteur. Aucun voyeurisme mais une idée, un chemin pour chacun : celui sur lequel la petitesse, la fragilité, devient une force. Après le  Métier d’homme, ouvrage devenu livre de chevet en ce qui me concerne, et bien d’autres qu’Alexandre Jollien nous a partagé, voici un livre tout simple sur la complexité de notre être, de nos passions,  de notre sensibilité, de nos désirs. Emportements, colères sont parfois notre quotidien. Méditation, prière, tradition chrétienne comme celle du zen sont convoquées pour ouvrir un chemin, un possible, un regard. Avec ces mots, non sans humour, "l'étiquette de "handicapé" pèse déjà lourdement sur moi : si je fais une sorte de coming out spirituel, je ne voudrais surtout pas que l'on m'en colle une autre" (p. 75). Toute une vie nous est ainsi dévoilée. En ce qu'elle de chaotique (il faut porter en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante nous rappellera l'auteur en citant Nietzche) comme en ce qu'elle a de réussie. Pistes partagées, ouverte au cœur et au creux de l’expérience de cet homme hors norme. Né lourdement handicapé, celui pour qui des gestes simples sont parfois des exploits ou des défis à vivre au quotidien se présente à nous, non pas comme un maître mais comme un témoin. Et s’il nous paraît maître en sagesse, c’est sans aucun doute parce qu’il est avant tout un témoin pour reprendre une expression chère au pape Paul VI. C’est dire que ces pages nous ferons tout simplement du bien.
Père Brice de Roux.  
 

 
 
J’AI LU…LE VISAGE DE DIEU, DE IGOR ET GRICHKA BOGDANOV *
 
Un livre qui se place dans les toutes premières ventes d’essais en ce moment ; il fait en réalité le point sur les connaissances actuelles de la science à propos de l’origine du cosmos et sur l’histoire des recherches du XXe siècle ayant abouti à ces résultats. Son titre est emprunté à un astrophysicien,  George Smoot : lors d’une conférence,  il rendait compte, en 1992,  des observations d’un satellite scientifique (COBE) qui revenait d’une mission et avait photographié la lumière qui nous  arrive de l’espace et le passé de l’univers ;  Smoot disait  alors avoir  vu,  dans les images rapportées, « le visage de Dieu »... Cela lui valut de la part de la communauté scientifique, à l’époque, bien des quolibets et des réprobations mais I. et G. Bogdanov ont repris  son expression, et les prolongements qu’ils esquissent, à la suite  de ce travail, sont  stimulants pour la réflexion !
Qu’est-ce à dire ? Essentiellement que nous ne sommes pas, nous ne pouvons pas être, selon nos auteurs,  et selon bien d’autres chercheurs émérites cités par eux,  un accident cosmique ; les forces en présence au moment crucial de la gigantesque déflagration, le fameux Big Bang, qui a donné le départ de l’histoire de notre univers, étaient si finement réglées , si précisément ajustées, que toute variation, aussi infime soit-elle, de l’une seule d’ entre elles, aurait donné un cours tout différent à l’évolution de la matière et nous ne serions pas là pour en parler !
Entrons un peu plus dans les  détails ? Etaient présentes au moment du Big Bang, quatre forces essentielles qui ont présidé à tout ce qui s’est ensuite développé : la force de gravitation, qui nous empêche de nous envoler et qui fait que la lune tourne autour de la terre comme un satellite … Une deuxième force, électro magnétique (qui éclaire cette page mais qui fait aussi que votre siège ne s’écroule pas en poussière de particules) ; enfin les forces nucléaires : faible (radio activité qui fait briller le soleil) et forte (celle qui sert de colle aux particules élémentaires et grâce à laquelle protons et neutrons sont confinés au sein du noyau de l’atome). Des simulations ont montré avec des ordinateurs et des programmes très sophistiqués, qu’il suffirait du moindre changement de grandeur  de l’une ou de l’autre de ces forces, ou dans le rapport de leurs valeurs, pour que l’on ne connaisse pas  la moindre fleur, le moindre insecte, pas d’homme et de conscience pour essayer de percer ces mystères ! Par exemple, si la force nucléaire forte, observe S. Hawking, physicien cité dans ce livre, « était  de 2% plus élevée qu’elle ne l’est, la fusion de l’hydrogène deviendrait impossible … cela ferait probablement obstacle à l’existence de vie similaire à celle qu’on observe sur la terre ».
    On peur aller encore plus loin : il existe aussi une trentaine de constantes, présentes aussi, et agissantes  au premier moment de notre monde et il est étonnant  qu’elles se trouvent elles aussi dans un rapport mathématique très précis entre elles mais aussi avec les quatre forces majeures dont nous venons de parler. Et ce rapport semble indispensable pour que l’évolution cosmique ait été (et soit encore) celle que nous connaissons. Ou encore, si une seconde après le Big Bang le taux d’expansion de l’univers avait été plus lent, ne serait-ce que de 1 sur un milliard (!), le cosmos se serait effondré sur lui-même ; à l’inverse, si l’expansion avait été un tant soit peu  plus rapide, les étoiles n’auraient jamais vu le jour (et l’on sait que nous sommes, comme le dit Hubert Reeves, « poussières d’étoiles » ; nous n’aurions donc jamais existé non plus ! )
Tout se passe, insistent I. et G. Bogdanov, comme si la valeur  de ces constantes avait été déterminée pour permettre plus tard le développement de la vie, avait été programmée pour conduire inévitablement à nous ! C’est la reprise du thème déjà ancien du « principe anthropique » (l’horizon  de l’émergence de l’homme intégré dès le départ dans le projet cosmique) : y a-t-il hasard dans le développement de l’univers (et si c’est le cas il faut avouer qu’il a bien fait les choses !) ou y a-t-il, pour expliquer un réglage aussi rigoureux, un esprit qui aurait pensé les lois de la physique de telle sorte que la complexification progressive et l’organisation de plus en plus poussée de la matière agrège les premières particules en atomes, puis ceux-ci en molécules,  les molécules  entre elles,  de plus en plus élaborées,  jusqu’à produire des cellules vivantes, et bientôt les neurones qui permettent la conscience et la pensée ? En 2000, écrivent les Bogdanov, David Wilkinson, cosmologiste, l’un des pères du satellite WMAP (successeur de COBE) se déclarait « certain qu’une sonde cosmologique confirmerait bientôt que dans l’univers rien n’est laissé au hasard » ; quelques années plus tard WMAP a confirmé de manière saisissante l’extraordinaire réglage des conditions initiales de l’univers.
    Depuis l’antiquité grecque on pensait l’univers fixe et immuable, éternel ; mais  dès les années 1920 se fait jour  l’idée qu’il a une histoire, un commencement ; intuition d’abord, cette thèse sera vérifiée lorsque, après différentes approches, en 1965, à l’aide de la technologie,  on visualisera le rayonnement cosmique, cette lumière (ou « fond diffus cosmologique »), qui s’échappe du coeur  de l’univers depuis la 380 000e année après le Big Bang (et pas exactement depuis  l’instant initial) ; lumière invisible qui nous environne pourtant encore aujourd’hui sans que nous en soyons conscients. Véritable machine à remonter le temps elle est le miroir de ce qui s’est passé au moment où elle s’est mise en marche vers nous, au début de notre histoire. Et on peut aujourd’hui, grâce aux satellites scientifiques envoyés dans l’espace (COBE en 1989, WMAP en 2001 et Planck 2009), dater précisément l’âge de  l’univers à 13 milliards 750 millions d’années ; certes il ne s’agit pas d’une création en sept jours mais le texte de la Genèse est un texte mythique ; le mythe est  un genre littéraire courant au moment où le début de la Bible a été écrit, on en trouve en Grèce ou en Mésopotamie, et il  n’est  pas fable imaginaire ou illusion et fantasme , mais parole imagée et accessible exprimant une vérité fondamentale à propos de questions essentielles comme la création du monde, la vie, la mort ou le divin. La science contemporaine parait donc  pouvoir s’articuler avec l’idée biblique d’une création initiale de l’univers.
    Autre hypothèse née de ces recherches : il n’est pas sûr qu’il n’y ait rien eu avant le Big Bang ; certes pas encore d’univers, pas de matière  ni d’énergie ; mais aux dires des Bogdanov,  de l’information. Les auteurs, pour se faire comprendre, utilisent une image, celle d’un CD ou d’un DVD, gravés, contenant des informations qui ne deviennent lisibles et concrètes que lorsqu’elles sont activées sur un lecteur. De la même façon, auraient été présentes, avant la déflagration initiale qui a donné naissance à notre monde, les informations qui lui permettraient un jour d’émerger, mais sans  l’énergie qui les ferait passer « à l’acte » à l’instant du Big Bang. Une sorte de programme, de code cosmologique, semblable au code génétique que possède l’homme ! Soit ; mais d’où viendrait cette information ?
J. Monod, prix Nobel de biologie en 1972 a beau invoquer le hasard *( il est vrai que certains changements, certains sauts, dans le cours de l’évolution ou de la transmission des gènes, semblent inexpliqués, ou même inexplicables, à ses yeux), pour les cosmologistes, la notion de hasard recule : La communauté scientifique, d’emblée réticente à toute intrusion de principe théologique dans ses explications, au nom de la séparation entre la foi et le savoir,  se fractionne pourtant au cours du XXe siècle sur ce sujet ; Einstein, par exemple, d’abord fermement convaincu de la fixité de l’univers,  finit par se laisser convaincre par les travaux de ses collègues  jusqu’à écrire : «Un esprit se manifeste dans les lois de l’univers, un esprit immensément supérieur à celui de l’homme». Max Planck, initiateur  de la physique de l’infiniment petit (physique quantique),  estimait lui aussi que « toute la matière existe seulement en vertu d’une force. Nous devons supposer derrière cette force l’existence d’un esprit conscient et intelligent ». Autre physicien de renom déjà cité: S . Hawking, qui, trois quarts de siècle plus tard,  postule  « un être responsable des lois de la physique », avant le Big Bang. Il faut bien, selon lui, que la cause des lois de la physique réside en dehors des phénomènes naturels ; comment cause et effet seraient-ils confondus ?
Qu’y avait-t-il avant le Big Bang ? D’où vient l’univers et pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Cette question,  posée dès le XVIIe siècle pour des raisons purement métaphysiques, c’est maintenant la science qui la pose, la cosmologie en particulier, et du coup, théologie, science et philosophie se rencontrent sur le même terrain. Y a-t-il au cœur même de la matière les informations suffisantes  pour engendrer nécessairement  un jour la vie ? 
On a longtemps voulu éviter de mêler les convictions de foi et les recherches ou découvertes scientifiques, les premières n’étant pas du domaine du savoir tandis que les secondes seraient prouvées ou démontrées ; la frontière entre les deux est-elle en train de se déplacer ? Ou de se dilater ?
Il ne peut s’agir de penser que l’on soit à même de prouver le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, encore moins le Dieu de Jésus-Christ ; mais il s’agit de pointer que, sur des questions cruciales pour donner du sens à nos origines, à notre identité et à notre histoire,  les avancées scientifiques nous concernent et nous interrogent.
N’en avait-il pas été de même lorsque l’évolutionnisme, avec Darwin,  au XIXe siècle, avait montré que l’évolution des vivants, aboutissant à l’homme, reprenait - dans une autre temporalité, certes -  le récit de la Genèse décrivant la succession de l’apparition des différentes espèces animales, animaux marins, oiseaux, reptiles puis mammifères et hommes,  ?
Dieu ne se découvre pas comme un théorème au terme d’une démonstration, mais il semble aujourd’hui que physique et cosmologie ne vont pas à l’encontre du texte de la création biblique, du moins dans son esprit, sinon dans sa lettre, et posent la question des causes de  l’univers, énigmatiques sans l’hypothèse d’une force supérieure qui aurait pensé et maitrisé son devenir. A suivre ; les résultats des investigations du satellite  Planck (toujours dans l’espace actuellement) seront connus des chercheurs et exploités en 2011, publiés en 2012…
 
  Mireille Aubert
 
*  Grasset, mai  2010
* J. Monod, le hasard et la nécessité ; points ; 1973

 
Ecoute mon fils, incline l'oreille de ton coeur
Cardinal Bernard Panafieu
 
 
Pourquoi ne pas mettre à la portée des chrétiens d'aujourd'hui le trésor de la vie monastique ? Voilà ce qui semble avoir guidé Monseigneur Panafieu dans la réalisation de cet ouvrage. Après tout la vie monastique est une manière de vivre radicalement le baptême. Ils sont des chercheurs du Royaume dans les temps d'aujourd'hui, des guetteurs qui nous invitent à voir ce que nous ne voyons plus, ensevelis que nous sommes dans les tourbillons de ce monde. A travers des méditations adressées à des moines et des moniales, l'auteur met à notre portée, en pasteur qui veut faire grandir le lecteur dans la vie qui est la sienne, la sagesse de la vie monastique. Voilà une excellente manière de se ressourcer pendant l'été ! 

Un livre pour être Marthe et Marie.

 

 

 

 


  Le Prix à payer
Joseph Fadelle
 
Jospeh Fadelle est arrivé en France il y a neuf ans comme réfugié. Son vrai nom : Mohammed al-Sayyid al-Moussaoui. En Irak ce nom ouvre toutes les portes de la richesse et du pouvoir.
En 1987 Mohammed va faire son service militaire. Son compagnon de chambrée est un chrétien. Une abomination. «chez moi, les chrétiens sont considérés comme des parias impurs, des moins-que-rien avec qui il faut éviter à tout pris de se mélanger. Dans le Coran que je récite chaque jour depuis ma plus tendre enfance ce sont des hérétiques qui adorent trois dieux ». Mais celui qui pense se faire exempter du service militaire grâce à l’influence de son père accepte de passer une nuit avec ce compagnon qui le répugne et, paradoxalement, attise sa curiosité. Il veut le convertir. Il envisage un stratagème. Il entame une discussion. Massoud, camarade de chambrée désormais pour un service qui s’allonge plus qu’il n’était envisagé, l’invite simplement à lire le Coran. A y trouver du sens. Toute sa vie va basculer. Le temps d’une nuit, d’un rêve, il se met en quête du Dieu d’amour capable de lui donner le « pain de vie » pour le rendre fort dans les passages de son existence. Plusieurs mois plus tard, au chapitre 6 de saint Jean, dans une Bible enfin donnée par son camarade, il trouve la réponse à sa faim et son attente : il veut manger de ce pain de vie et se prend de passion pour Jésus-Christ. Une passion qu’il vivra jusque dans sa chair : devenir chrétien, en Irak, c’est encourir la mort. Soi-même mais aussi toute communauté qui accueille le converti. « en demandant le baptême, tu risques ta propre vie mais aussi celle des chrétiens qui auront répondu à ta demande » lui explique un prêtre. Ce refus de l’accueillir auquel il se heurte chaque fois qu'il s'adresse à l'Eglise va l’étonner, le scandaliser. A force de persévérance il trouve un lieu où pouvoir suivre la Messe puis un Frère qui l’accueillera et l’accompagnera.
Mais c’est sa famille qui va le rejeter. Le fils « préféré », l’héritier, celui à qui l'on a donné une femme pour assurer la continuité de la famille va se retrouver en prison, va connaître la torture afin qu’il donne le nom des chrétiens qui l’ont conduit à embrasser la foi chrétienne. C’est sans compter sur le soutien de son épouse et sa propre conversion. Avec elle et leurs deux enfants ils fuient en Jordanie où ils sont baptisés. Le danger est omniprésent, ses frères le retrouvent et tentent de l’assassiner. Il quitte cette terre de l’Orient qui lui est chère et débarque à Paris le 15 août 2001.

    Celui qui a pour nom de baptême Joseph raconte une expérience de conversion. Une conversion à laquelle nous sommes tous appelés. Sauf que pour lui elle se passe en Irak, pays où les chrétiens ne peuvent pas vivre leur foi librement et où la conversion n’est pas possible pour un musulman qui découvre l’Evangile.
    Ces lignes nous apprennent à découvrir que l’Islam est esclave de la société qui en découle. Cette dernière aveugle et enferme celui qui s’y trouve au point que son regard n’est que haine et mensonge vis à vis de celui qui ne partage pas la même foi. Il ne s’agit plus seulement d’un jugement à l’emporte-pièce mais d’une culture qui aveugle le croyant du message même du Livre Saint rarement compris et médité. Ce livre souligne aussi avec justesse ce qui devrait être le sens même de la vie de l’Eglise : l’accueil de celui qui frappe à sa porte et le pardon. Un livre qui fait sortir de tout angélisme pour faire entrer dans cette réalité de la Foi qui libère de la complexité du cœur de l’homme et de ses absurdités. Ces pages sont un appel à la liberté. Liberté de croire et de vivre. Liberté qui manque tant en terre d’Irak et sans doute en d’autres lieux de l’Islam. Mais sommes-nous encore libre de croire et de vivre en Chrétien en Occident et en particulier en France ? Un livre à lire absolument durant cet été pour se laisser interroger et redécouvrir la joie d’être des enfants de Dieu. Un livre qui ne laisse pas indifférent mais appelle à la conversion !
 
Père Brice de Roux
Le prix à payer, de Joseph Fadelle, L'Oeuvre éditions, 224 pages, 18 €
dans toutes les bonnes librairies...à commencer par la librairie du Baptistère !
 
Vous pouvez entendre quelques mots de Joseph Fadelle
lors de la 2° nuit des témoins de l'Aide à l'Eglise en Détresse (3'13")