vendredi saint 2 avril 2010
Vendredi Saint : 2 avril 2010 Eglise de Trets
Père Brice de Roux
Père Brice de Roux
Les bras de Jésus, demeure de l’Homme.
En allant déjeuner dans une famille dimanche dernier, j’ai rencontré quelqu’un qui travaillait à la sécurité civile. Il témoignait de ce qu’il avait vu en Haïti après le tremblement de terre. En l’écoutant je pensais à cette question trouvée dans Crime et Châtiment de Dostoïevski « Savez-vous ce que c’est, Monsieur, de ne plus savoir où aller ? » Peut-on imaginer ce que c’est que de ne pas savoir où aller ?
En écoutant la Passion il y a quelques instants je me suis dit qu’il s’agissait, là, d’un autre genre de « tremblement de terre ». Tout ce qui est de la logique des hommes est renversé : celui qui devait sauver Israël est arrêté et condamné, le dialogue avec Pilate nous montre que le plus embarrassé des deux n’est pas celui que l’on pourrait croire, celui qui est reconnu comme roi est torturé, les mots de Pilate « voici l’homme » nous renvoient à tous ces lieux d’humanité que nous refusons de voir, d’accueillir en nous ; la mort de Jésus nous renvoie à cette soif intérieure qui transforme notre vie en ces lieux désertiques où rien ne va plus. Pour couronné le tout celui que notre cœur aime descend au tombeau… et nous avec lui. Où irons-nous trouver refuge et réconfort, lumière et vie ? Le silence de l’abandon de Jésus dans les mains du Père est la seule réponse possible. Un silence qui nous enveloppe comme se répand sur nous l’Esprit de Jésus.
Et, paradoxalement, au cœur du silence qui s’installe, l’Esprit ouvre pour nous une porte, une issue : le coup de lance ouvre le cœur de Dieu et laisse jaillir ces deux signes si essentiels à notre vie chrétienne : le baptême et l’Eucharistie. Le Baptême comme un chemin de vie et l’Eucharistie comme l’ivresse mais aussi la nourriture goûtée et nécessaire sur nos chemins de vie. Porte d’entrée et pain pour la route. Jésus n’est pas venu pour nous perdre mais pour nous sauver et nous rendre fort en ces lieux de désarroi.
Il n’est pas venu pour nous laisser sans un lieu où nous rendre : « mon royaume n’est pas de ce monde ». Son royaume est ailleurs. Et il nous montre le chemin qui peut y mener. Un chemin tortueux à l’image de nos vies. Un chemin sur lequel, à cause de ce qu’il ya de tordu en nous, nous ne pourrons pas faire l’économie de la souplesse. Souplesse pour abandonner quand il le faut ce que nous croyons être des appuis et qui ne sont finalement que des replis sur lesquels nous nous cramponnons jusqu’à la raideur. Souplesse qui, lorsque nous réalisons que le sol se dérobe sous nos pieds, nous fait accepter de perdre pied jusqu’à tomber dans les bras de Dieu : voilà le royaume promis, voici « le lieu où aller ». Amen
En écoutant la Passion il y a quelques instants je me suis dit qu’il s’agissait, là, d’un autre genre de « tremblement de terre ». Tout ce qui est de la logique des hommes est renversé : celui qui devait sauver Israël est arrêté et condamné, le dialogue avec Pilate nous montre que le plus embarrassé des deux n’est pas celui que l’on pourrait croire, celui qui est reconnu comme roi est torturé, les mots de Pilate « voici l’homme » nous renvoient à tous ces lieux d’humanité que nous refusons de voir, d’accueillir en nous ; la mort de Jésus nous renvoie à cette soif intérieure qui transforme notre vie en ces lieux désertiques où rien ne va plus. Pour couronné le tout celui que notre cœur aime descend au tombeau… et nous avec lui. Où irons-nous trouver refuge et réconfort, lumière et vie ? Le silence de l’abandon de Jésus dans les mains du Père est la seule réponse possible. Un silence qui nous enveloppe comme se répand sur nous l’Esprit de Jésus.
Et, paradoxalement, au cœur du silence qui s’installe, l’Esprit ouvre pour nous une porte, une issue : le coup de lance ouvre le cœur de Dieu et laisse jaillir ces deux signes si essentiels à notre vie chrétienne : le baptême et l’Eucharistie. Le Baptême comme un chemin de vie et l’Eucharistie comme l’ivresse mais aussi la nourriture goûtée et nécessaire sur nos chemins de vie. Porte d’entrée et pain pour la route. Jésus n’est pas venu pour nous perdre mais pour nous sauver et nous rendre fort en ces lieux de désarroi.
Il n’est pas venu pour nous laisser sans un lieu où nous rendre : « mon royaume n’est pas de ce monde ». Son royaume est ailleurs. Et il nous montre le chemin qui peut y mener. Un chemin tortueux à l’image de nos vies. Un chemin sur lequel, à cause de ce qu’il ya de tordu en nous, nous ne pourrons pas faire l’économie de la souplesse. Souplesse pour abandonner quand il le faut ce que nous croyons être des appuis et qui ne sont finalement que des replis sur lesquels nous nous cramponnons jusqu’à la raideur. Souplesse qui, lorsque nous réalisons que le sol se dérobe sous nos pieds, nous fait accepter de perdre pied jusqu’à tomber dans les bras de Dieu : voilà le royaume promis, voici « le lieu où aller ». Amen